Interview de franzy rabin

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Franzy RABIN joueur de rugby fauteuil de 35 ans licencié au Niort Rugby Club s’est lancé un défi extraordinaire, réaliser un tour de France en handbike.

 

Amputé des quatre membres des suites d’une méningite foudroyante en 2012, le jeune homme puise dans son handicap un courage et une persévérance à toute épreuve. 

27 étapes pour 2000 km de parcours. Franzy RABIN s’est entraîné pendant 2 ans avec le club de cyclotourisme de la Crèche pour réaliser cet exploit. Accompagné par le Niort Rugby Club dans lequel il évolue en tant que joueur, le jeune homme a pu bénéficier du soutien matériel et moral de nombreux partenaires : son parrain de l’évènement et athlète reconnu, Philippe CROIZON qui a traversé la manche à la nage,  a été un acteur essentiel dans sa rééducation et sa reconstruction. De nombreux clubs de rugby se sont également portés volontaires pour soutenir Franzy en lui proposant un accueil chaleureux sur certaines étapes de son parcours.  

  

L’UCRAF s’inscrit pleinement dans la promotion « d’un rugby citoyen-solidaire-responsable » afin d’apporter son aide aux priorités sociales, économiques et sanitaires. La pratique du rugby fauteuil s’inscrit pleinement dans cette lignée. Nous souhaitons rompre les distances entre les pratiques, les femmes et les hommes pour dynamiser le lien social et en faire une force au service de la société et « du rugby de demain ».

 

Le Handi tour de Franzy RABIN entre pleinement dans cette démarche. C’est la raison pour laquelle l’UCRAF le soutient en relayant son parcours, en diffusant son exploit dans le monde de l’Ovalie et en faisant des valeurs de générosité, de fraternité et de solidarité incarnées par le Rugby le socle commun pour une société meilleure.

 

Dès lors, nous nous sommes engagées à donner de la visibilité à Franzy par le biais des réseaux sociaux et de la presse afin de sensibiliser les clubs de rugby amateurs à sa cause et aux enjeux de la pratique sportive des personnes en situation de handicap.

C’est pourquoi, nous avons sollicité la bienveillance des clubs sur le parcours de Franzy afin de sensibiliser les jeunes générations et accroitre l’intérêt des clubs à créer du lien entre les athlètes pour développer davantage l’esprit de communion autour des mêmes valeurs, effacer les barrières et les différences, pour inscrire en leur cœur la joie de partager une même passion.

 

Ainsi, Franzy est partie le 12 octobre 2021 pour un périple de cinq semaines où son parcours est rythmé par l’appui indéfectible des clubs de cyclotourisme, qui l’accompagnent, le conduisent, le soutiennent lors des étapes et par les clubs de rugby qui le reçoivent pour échanger et partager en faisant de ces moments de convivialité sa deuxième source de vitalité pour remporter son défi !

 

Alors qu’il était parti le 12 octobre du Niort Rugby Club, nous avons eu la chance nous entretenir avec Franzy, le 17 octobre, pendant son jour de repos  à Toulouse. Nous avons échangé sur son histoire, sur son handi tour, sur la pratique du rugby fauteuil, avant qu’il puisse savourer pleinement l’accueil chaleureux et festif octroyé par le club du Thau Rugby à Frontignan où il a pu échanger avec les élus de la ville, les membres du club, et les enfants de l’école de Rugby dans une ambiance chaleureuse et festive !  

A l'issue de son étape entre Chalon-sur-Saône et Dijon, la mairie de la ville de Nuits St Georges, représentée par l'adjoint au Maire et Florence VEDRENNE , élue chargée du sport et du handicap, a chaleureusement organisé une réception où étaient présents les membres des clubs de cyclotourisme locaux et du club de rugby de Nuit Saint Georges. Nous remercions Vincent LECHENEAUT ainsi que madame LE GUEN pour leur investissement, et cette dernière pour avoir représenté Corentin LE GUEN (joueur sélectionné olympique) et la section rugby fauteuil du Club de Nuit Saint Georges. Elle a pu remettre le maillot des Black Chairs à Franzy dans une ambiance conviviale et chaleureuse.

L’UCRAF tient à remercier particulièrement tous les acteurs du monde du rugby qui, de près ou de loin ont soutenu Franzy RABIN à  chaque étape de son parcours.

En effet, au regard de la difficulté du trajet et des péripéties auxquelles il ont fait face, Franzy et son équipe ont dû nécessairement modifier leur programme afin que ce dernier puisse se reposer, récupérer, et poursuivre sereinement son trajet.

Plusieurs clubs « étapes » n’ont donc pas eu la chance de l’accueillir comme cela était prévu au départ, à l’image du Rugby Olympique Choletais. Nous les remercions tout de même pour leur démarche, leur investissement et leur implication dans ce projet.

 

 

Franzy RABIN est arrivé !!

Après une dernière étape entre Bressiure et La Crèche le joueur de rugby fauteuil et amateur de vélo a réalisé son objectif, réaliser un tour de France en Handbike.

Ce mardi 9 novembre à La Crèche, il a été chaleureusement accueilli par tous les partenaires et par Philippe SOULET, manager de la section rugby fauteuil du Niort Rugby Club puis par Gilbert NASARRE, président dudit club, qui lui a remis le maillot signé de tous les joueurs de Fédérale 1.

Franzy a eu droit à une véritable ovation et à une haie d’honneur pour la réalisation de son exploit.

 

Félicitations à toi Franzy, et à ton équipe, pour avoir démontré que tout est possible et qu’à force de courage et de volonté, on peut réaliser ses rêves.

 

 

Retrouvez ci-dessous l’interview de Franzy RABIN en date du 17 octobre, réalisé par l’UCRAF à l’occasion de sa journée de repos à Toulouse.

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Interview de Franzy RABIN 

1.  Peux-tu te présenter en quelques mots et nous parler de ton projet ?

"2000 km sur 27 étapes"

2. Quelles sont les raisons qui t’ont poussées à te lancer dans ce handi tour ?   

 "J’ai vu Philippe CROIZON réaliser la traversée des cinq continents et, forcément, ça m’a donné des idées et un objectif dans la tête "

3. Quelles sont les personnes qui t’ont aidé et accompagné dans ta préparation ? 

"Pour ce genre de projet, il faut bien sûr être bien entouré. Comme je l’ai dit précédemment, j’ai été aidé par ma famille et par Philippe CROIZON, parrain du projet, que j’ai rencontré en 2012 peu après mon accident. 

Pour moi, Philippe CROIZON est comme un modèle, il m’a donné des conseils, il m’a beaucoup soutenu moralement , j’étais quelqu’un de réservé et il m’a poussé à accomplir mes objectifs. 

Ensuite, j'ai pu compter sur le soutien du club de cyclotouriste ACTC de La Créche qui m’ont entrainé  et préparé pour le handi tour pendant 2 ans après ma sortie de l’hôpital mais aussi le “ Niort rugby club “ qui m’a redonné goût au sport en pratiquant le rugby fauteuil". 

4. Comment t'es tu préparé pour ton handi tour ? 

"En 2 ans, on a dû rouler 10 000 km et le rugby fauteuil, à côté, ça aide beaucoup"

5. En quoi la pratique du rugby fauteuil t’a aidé dans la réalisation ce projet ?  

"Le fait de faire partie d’un club et d’une équipe de rugby c’est assez nouveau pour moi. J’ai découvert un autre monde dans le rugby puis le club m’a beaucoup aidé aussi, notamment pour trouver partenaires et financer mon matériel pour la course. ( grâce aux appels aux dons ) 

C’est ce sport que j’ai commencé en centre de rééducation. Il y avait du rugby fauteuil qui se pratiquait pas loin. Je suis descendu les voir et je me suis dis pourquoi pas essayer ? 

Au début, j’ai essayé et pour une première fois c’était forcément compliqué mais, petit à petit, j’ai vu qu’il y avait une bonne ambiance et ça me permettait de me dépenser physiquement, de penser à autre chose.  

Il y a des valeurs autour du rugby que je ne connaissais pas avant, sans eux je ne serai peut être pas arrivé jusque-là. Ils m’ont beaucoup soutenu même si mon projet n’a en soi rien avoir avec le rugby. Après, le président du Niort Rugby Club adore le cyclisme donc.. Ça aide un petit peu aussi !"

6. Est-ce que tu t’attendais à autant de soutien et d’engouement autour de toi ?  

“Que, dés le début, ça prenne autant d’ampleur, je ne m’y attendais pas “ 

7. Avais-tu des appréhensions avant de te lancer dans ton parcours ? Si oui lesquelles ?  

"Je n'avais pas d'appréhension sur le parcours en lui-même mais plutôt sur le quotidien puisque depuis que j’ai mon handicap je ne suis jamais parti plus d’un week end de chez moi. Mais là, le fait de changer tous les soirs d’hôtel, d’être loin du confort de chez moi où j’ai mon autonomie, alors qu'en déplacement comme ça, je change chaque jour de chambre, tout n’est pas accessible. Quoique cette semaine ça a été, mais partir un mois de chez moi comme ça, sortir de ma zone de confort c’est effectivement le plus difficile. L’appréhension se portait plutôt là-dessus, puisque sur la route je roule, je ne réfléchis pas donc je savais que ça irait". 

8. A l’heure actuelle, tu as fait plus d'un quart du chemin, comment te sens-tu  physiquement ?  

"J’y vais semaines après semaines, l’objectif c’était Toulouse, puis la semaine prochaine un autre objectif, c’est chaque semaine au jour le jour. Je ne vois pas au-delà. Il reste 3 semaines, l’objectif c’est d’arriver. Je profite de mes jours de repos pour m’aérer l’esprit, me vider, et me concentrer sur la prochaine étape".  

9. Quel message souhaites-tu passer à travers cet exploit que tu réalises ? 

“Montrer que quand on a un handicap on peut faire tous les sports, le matériel est là pour qu’on puisse en faire. Seul problème, ce matériel a un coût et ce n’est pas remboursé.” 

10. Est-ce que le prix du matériel a été un frein pour ta pratique sportive ? 

"Pour acheter un handbike et des prothèses on peut s'en procurer mais c’est de l’argent. Le rugby fauteuil que j'utilisais au début c'était un fauteuil de base qui m’a été acheté par le club. Si tu veux faire de la compétition, c'est plus compliqué. On dépasse facilement les 6000 euros pour un fauteuil adapté. Le mien a coûté 10.000 euros.

 

Personnellement, j'ai eu la chance d’être bien entouré, d’être aidé. Mais, quelqu’un qui n'a aucune aide, se lancer là-dedans c'est impossible seul. Et cela, pour tous les sports, que ce soit le basket, le tennis, l'athlétisme..  D'ailleurs, j’ai une amie qui a voulu se lancer dans l'athlétisme et courir,  sauf que les lames de carbone c’est au moins 20.000 euros. On peut le faire mais c’est trop cher.

 

L’équipement est là, il existe, mais il n'y pas d’aide pour se le procurer. C'est différent du quotidien parce que mon fauteuil est remboursé ainsi que les prothèses de marche par exemple, mais dés que ça va dans le loisir, nous n'avons aucune aide financière, ce qui est regrettable".

11 . As-tu des projets pour la suite ?   

"Après ça, je vais me reconcentrer sur le rugby fauteuil, faire de la compétition, essayer de monter de niveau. Là, on est en nationale 2, d’ailleurs, on a un de nos joueurs qui était en équipe de France ce week-end !

Après cette aventure, je vais totalement me concentrer sur le rugby fauteuil". 

12. Un dernier mot  ? 

“Si certaines personnes, comme moi, ont un handicap et ont des objectifs, des rêves, il faut aller jusqu’au bout. Que ça se concrétise ou pas, il faut essayer. Il n’y a qu’en essayant qu’on y arrive.” 

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